The Bad Batch épisode 1 : retour classique mais efficace dans l’univers Star Wars

CRITIQUE / AVIS SÉRIE – La quatrième série animée dérivée de l’univers « Star Wars » débarque sur Disney+. Toujours dirigé par Dave Filoni, le show retrace les nouvelles aventures de The Bad Batch, une équipe de clones pas comme les autres.

C’est quoi The Bad Batch ?

Dave Filoni est le patron incontesté des séries animées Star Wars. C’est lui qui, avec George Lucas, a lancé The Clone Wars en 2008. Face au succès de cette série, dont l’ultime saison est sortie l’année dernière, Dave Filoni a dirigé d’autres séries animées, à savoir Star Wars Rebels et Star Wars Resistance. Sa nouvelle création, The Bad Batch, débarque le mardi 4 mai sur Disney+. Une date qui n’est pas choisie au hasard puisqu’il s’agit de la date annuelle en hommage à Star Wars grâce à sa prononciation en anglais : May the fourth (comprendre May the force be with you).

Ainsi, Star Wars : The Bad Batch s’inscrit dans la continuité de The Clone Wars. Le show raconte les événements qui font suite à l’Ordre 66 par le biais de la Bad Batch, une équipe de 5 clones atypiques. Ces derniers, introduits dans la saison 7 de The Clone Wars, sont irréguliers et ne rentrent pas dans le moule. De par leur statut anormal, ils sont insensibles à l’Ordre 66, et vont donc suivre leur propre voie.

The Bad Batch : critique sans spoiler

Pour l’occasion, Dave Filoni a décidé d’offrir un premier épisode de 70 minutes. Une première dans le paysage des séries Star Wars, tandis que même The Mandalorian n’a jamais atteint une telle durée. Puis, chaque vendredi, la plateforme va dévoiler un nouveau chapitre de The Bad Batch. Et cette entrée en matière s’inscrit dans la parfaite continuité de The Clone Wars. Les fans sont en terrain connu, de quoi faciliter les retrouvailles avec Dave Filoni. Le showrunner emploi la même animation que sur The Clone War. Il décide d’ancrer cette nouvelle histoire dans le même style visuel. Le show reprend les mêmes poncifs, le même type de traitement, le même type d’intrigue, ce qui satisfera les fans inconditionnels, mais décevra les spectateurs les plus exigeants. Ces derniers pointeront du doigt inévitablement un manque de renouvellement et de créativité de la part de Dave Filoni qui se repose sur ses acquis.

Il n’empêche que ce premier épisode est ultra efficace, et reprend les grands moments de la mythologie Star Wars. Dave Filoni peut également compter sur des personnages principaux solides et attachants. Cette équipe hétéroclite composée de Hunter, Crosshair, Wrecker, Tech et Echo permet de créer une dynamique passionnante et terriblement bien rythmée. Même s’ils reposent parfois sur des stéréotypes, cette Suicide Squad version Star Wars devrait logiquement réserver aux spectateurs de grands instants héroïques.

Critique avec spoilers

Il est maintenant temps de rentrer dans les détails. Et pour cela, difficile de ne pas aborder quelques spoilers. La force, mais aussi paradoxalement, le problème de The Bad Batch, c’est que la série reprend tous les lieux communs de la licence. Comme le Snap dans l’univers Marvel, l’Odre 66 revient encore et encore dans les différentes productions Star Wars. The Bad Batch ne fait pas exception à la règle. Dave Filoni décide une fois de plus de mettre en scène ce rebondissement culte de la mythologie de George Lucas.

Évidemment, il remet en scène cette action sous un prisme nouveau, confrontant sa Bad Batch à cette trahison galactique des clones. L’occasion pour Dave Filoni d’offrir une connexion habile avec Star Wars Rebels. Un easter-egg intelligent, puisqu’il met en scène un jeune Kanan Jarrus, survivant de l’Ordre 66, alors qu’il se faisait encore appeler Caleb Dume. De quoi ravir les fans hardcores de la franchise. De même, certaines figurent emblématiques de la saga viennent faire un petit coucou. Ainsi, une fois de plus, Moff Tarkin et Saw Gerrera sont de la partie. Mais après tout, c’est aussi ça la formule Star Wars : ramener encore et toujours les héros préférés des fans.

Enfin, ce premier épisode se termine sur une prise de risque intéressante : la trahison de Crosshair. Ce dernier ne résiste visiblement pas à l’Odre 66, et reste fidèle au Chancelier Palpatine. Contrairement à ses amis, ce tireur d’élite tombe sous le joug de l’Empire. Quitte à trahir ses frères d’armes de longue date. Par cet élément scénaristique, Dave Filoni aborde un sujet emblématique des clones : l’uniformisation de la pensée. Le changement de cap de Crosshair résonne comme un aveu d’échec, comme un alignement sur la pensée unique. Une critique de la banalisation de l’esprit, de la perte d’identité, d’individualité, au profit d’une société totalitaire. Un examen du patriotisme à l’excès, du lavage de cerveau, et la mise en exergue de soldats qui écoutent les ordres sans broncher, sans se poser de question. Ce qui fait contre-poids avec le mouvement des rebelles, qui veulent conserver leurs libertés.

Une thématique indissociable des clones, qui n’a pourtant été qu’à peine effleurée dans l’univers Star Wars via le personnage de Finn dans la postlogie. Tout ça pour dire que ce premier épisode The Bad Batch ne sort pas des sentiers battus. Défaut pour les uns, qualité pour les autres, il n’empêche que le série devrait réserver quelques grands instants pour tous les fans de l’univers Star Wars.

Star Wars : The Bad Batch créée par Dave Filoni, à partir du 4 mai 2021 sur Disney+. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

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